Tabatinga, Brésil

Tabatinga, le 9 Août 2012.

Village flottant sur le fleuve

Soleil au dessus de la forêt

Départ 6h en fast-boat, direction la triple frontière. J’envoie chier le porteur qui se précipite vers le motocarro, je me suis fait tirer un jean à la laverie hier, pas le temps d’aller réclamer quelque chose que je ne retrouverais jamais de toute façon. Le pantalon dans lequel je suis tiens déjà debout tout seul et je vais devoir dormir dedans pendant une semaine. Du coup, je fais très attention à mon sac. Des vendeurs ambulants proposent eau et nourriture. L’un me propose des pommes une bonne dizaine de fois. A l’intérieur du bateau la musique est à fond. De la soupe d’ado qui parle d’amour. Compréhensible, quand on croise des filles à peine majeures avec un enfant au bras. Je vois à peine l’autre berge de l’Amazone, j’imagine la taille du fleuve à Belém. J’ai eu un dernier regard pour Lima, mais pas pour Iquitos, curieusement. Peut-être parce que je reste en Amazonie.

Les toilettes du bateau utilisent la vitesse pour envoyer l’eau dans la cuve. Soit dit en passant, l’eau dans l’hémisphère sud tourne dans le même sens. Une éducation à refaire… La fille à  côté de moi pleure et chante en même temps que la radio.

Arrivée très tard à Santa-Rosa, du coup: course pour faire les formalité de sortie du Pérou avant la fermeture du bureau de l’immigration et de la police. Nous (un couple d’Anglais et moi) sommes pris en charge par Tony, un rabatteur qui travaille pour un hôtel miteux. Je penche pour me laisser faire, ses prix restent abordables et je ne veux pas rester ici trop longtemps. A la triple frontière, plus qu’ailleurs au Pérou le gringo est comme le bout de poulet sur l’hameçon à la pêche au piranha: viande, bubulles, grouille, plus rien. Quatre secondes.

Barque à moteur (bekê-bekê, mais je ne suis pas sûr de l’orthographe) pour se rendre à Tabatinga. Là encore, le prix convenu au Pérou, 5 Soles est finalement 5 Réals, car 2000 Pesos colombiens, amigo. Blond=gringo=poulet. Tony se révèle assez efficace. On se rend directement au domicile du manager de la compagnie fluviale pour acheter les billets de fast-boat (un jour et demi de voyage, j’ai finalement décidé de faire comme ça: le fleuve est bas et le voyage prend un à deux jours de plus qu’habituellement). Les billets en poche, rendez-vous à la Police Fédérale pour les formalités d’entrée au Brésil, ils acceptent de nous recevoir après la fermeture, notre départ est à six heure le lendemain.

Taxi super cher, hôtel miteux. Murs lépreux, chasse qui ne marche pas même dans l’autre sens, cafards du modèle équatorial-tropical mais douche et lit (douteux, sur une palette). Le principal: gardien et porte qui ferme. Bouffe dans un buick où les gens sont contents de voir des gringos. Il y a des Européens au Brésil, malgré tout la première chose qu’on me demande est « sprechen Sie Deutsch… »

Batiment lepreux à TabatingaEin bisschen. Bières et re-bières dans un billard sur le port, où les gens sont sympas également, jusque très tard pour ne trop voir la chambre et essayer de dormir. A Tabatinga, l’heure se lit « hora » si l’heure est la même qu’au Pérou ou « hora do Brasil » pour l’heure officielle. J’espère que j’ai la bonne pour demain.

Terrasse, gardien, hamacsGardien regardant la télévision, de nuitSol lepreux, murs lepreux, salle de bainPoire de douche et prise électrique

| son: 45s de chasse d’eau amazonienne |